Quel instrument choisir pour débuter ?
Guitare, basse, batterie, piano, chant… Le choix du premier instrument angoisse plus qu'il ne devrait. Voici un guide honnête pour trancher — sans se tromper vraiment.
Par MONTA'ZIK
École de musiques actuelles · Montagne
« Il veut faire de la musique, mais on ne sait pas quoi lui prendre. » C'est peut-être la conversation la plus fréquente qu'on ait à l'école. Alors mettons tout de suite la pression de côté : il n'y a pas de mauvais choix. Un premier instrument n'est pas un mariage à vie. Beaucoup de musiciens en changent, ou en jouent plusieurs. Ce qui compte, c'est de commencer par celui qui donne envie de s'y remettre le lendemain.
Cela dit, chaque instrument a son caractère, ses joies et ses petites contraintes. Voici, sans langue de bois, ce qu'on en dit à MONTA'ZIK.
La guitare : l'entrée la plus populaire
C'est l'instrument que réclament le plus d'élèves, et pour de bonnes raisons. On peut jouer ses premiers morceaux reconnaissables en quelques semaines, elle se transporte partout, et elle accompagne aussi bien le rock que la chanson autour d'un feu.
- Pour qui : celles et ceux qui veulent chanter en s'accompagnant, jouer leurs morceaux préférés, ou rejoindre un groupe.
- Les débuts : les doigts de la main gauche souffrent un peu au début (le temps de faire « la corne »), et les premiers accords barrés résistent. Passé ce cap, ça déroule.
- Électrique ou acoustique ? Contrairement à une idée reçue, l'électrique est souvent plus facile pour débuter : les cordes sont plus souples. Le choix se fait surtout selon la musique qu'on aime.
La basse : l'instrument de l'ombre… indispensable
Mal connue, la basse est pourtant le cœur d'un groupe. C'est elle qui, avec la batterie, tient tout l'édifice debout. On la sous-estime, puis on comprend qu'elle est partout dès qu'on commence à écouter « ce qui se passe en dessous ».
- Pour qui : les tempéraments qui aiment le groove, le collectif, et ce plaisir discret de faire bouger les têtes sans être sous les projecteurs.
- Les débuts : plus accessibles qu'on ne croit — on joue vite des lignes qui « sonnent ». Les cordes sont plus grosses, donc un peu plus physiques pour les mains.
- Le bon plan : les bassistes sont recherchés partout. Un débutant motivé trouve toujours un groupe où jouer.
La batterie : l'énergie brute
Rien ne défoule comme une batterie. C'est l'instrument du rythme, du corps, de l'énergie. Et contrairement à la légende, ce n'est pas « juste taper fort » : c'est une affaire de coordination et de régularité fine.
- Pour qui : les énergiques, ceux qui bougent tout le temps, les enfants qui ont besoin de dépenser… et les adultes qui veulent évacuer la semaine.
- Les débuts : le vrai défi, c'est la coordination des quatre membres. C'est déroutant une semaine, grisant la suivante.
- À la maison : le point à anticiper, surtout en habitat proche — mais un pad d'entraînement ou une batterie électronique au casque règle la question du bruit pour travailler chez soi.
Le piano : la vue d'ensemble
Le piano (ou le clavier) est l'instrument qui fait le mieux « comprendre » la musique : tout y est visible, aligné sous les doigts. Mélodie et accords à la fois, c'est un formidable point de départ pour saisir l'harmonie.
- Pour qui : les curieux, les patients, ceux que la théorie n'effraie pas — et tous ceux qui veulent une base solide pour ensuite explorer d'autres instruments.
- Les débuts : on produit un beau son immédiatement (pas de doigts qui souffrent, pas de justesse à trouver). La difficulté vient plus tard, avec l'indépendance des deux mains.
- À la maison : un clavier numérique avec toucher « lesté » et casque suffit largement pour commencer, sans encombrer ni déranger.
Le chant : l'instrument qu'on a déjà
On l'oublie souvent : la voix est un instrument à part entière, et le seul qu'on emporte partout. Chanter juste, tenir une note, poser sa respiration : tout cela s'apprend et se travaille comme le reste.
- Pour qui : tout le monde, vraiment. Y compris ceux qui « chantent faux » — c'est précisément ce qui se corrige avec un peu de technique et d'oreille.
- Les débuts : l'obstacle est surtout la timidité. Le travail sur le souffle et la confiance change tout, souvent plus vite qu'on ne l'imagine.
- Le duo gagnant : chant + un instrument d'accompagnement (guitare ou piano), c'est l'autonomie totale du musicien.
Le meilleur instrument, c'est celui qu'on a envie de reprendre demain.
Et pour les plus jeunes ? L'éveil musical
Avant 6 ans, inutile de trancher. L'éveil musical laisse l'enfant explorer le rythme, les sons et le plaisir de jouer avec le corps, sans la contrainte d'un instrument précis. C'est souvent là que se révèle, naturellement, l'attirance vers les cordes, les percussions ou le clavier. On laisse le goût se former, puis on choisit.
Comment trancher, concrètement
Si vous hésitez encore, voici la méthode qu'on conseille aux familles :
- Partez de la musique aimée. Quel son fait vibrer l'élève quand il écoute ? La réponse pointe souvent l'instrument.
- Pensez au quotidien. Place disponible, voisinage, budget : un clavier au casque et une batterie complète ne posent pas les mêmes contraintes à la maison.
- Ne cédez pas à la mode. Le choix des copains n'est pas le bon critère. La motivation personnelle, si.
- Et surtout : essayez. Rien ne remplace le fait de poser les mains dessus.
C'est justement pour ça que le cours d'essai existe. À MONTA'ZIK, on prend le temps de faire toucher plusieurs instruments avant de s'engager. Souvent, le choix se fait tout seul en une séance : il y a l'instrument qu'on croyait vouloir, et celui qu'on ne veut plus lâcher en sortant. Écoutez le second.